L' artisanat du cuir

Le travail du cuir est très présent au Moyen âge et particulièrement sur la période du XIVème siècle.

 

Les Objets médiévaux en cuir sont séparés en deux grandes familles :

  • La première famille est la partie civile où de nombreux objets sont fabriqués pour la vie de tous les jours. Ces objets peuvent être par exemple des gants, des  bourses, des étuis à couteaux et à dagues, des ceintures en tout genre, des ceinturons, des gourdes, des chaussures et bien d'autres encore...
  • La deuxième famille est la partie militaire. Dans cette catégorie la, le cuir va souvent être une base de travail permettant de fixer d'autres matériaux tel du fer, du laiton ou encore du bronze comme par exemple les cottes de plaques, les camails de maille, les éperons ou encore les ceintures de noblesse.

En s'appuyant sur une documentation précise qui relate diverses recherches et découvertes archéologiques ainsi qu en s appuyant sur des gravures et enluminures de la fin du XIVème siècle, nous pouvons tenter de recréer ces objets disparus dont les seules preuves de leur existence sont dans les musées ou dans les livres.

La reconstitution historique de tels objets comporte plusieurs difficultés. En effet la première et principale est de comprendre comment l'objet historique à été fabriqué et quelles sont les techniques d'assemblage afin de procéder à sa reconstitution. Ensuite, il faut que l'objet reconstitué soit utilisable car le but est non pas de l'exposer mais bien de le porter. Et enfin, il faut que les matériaux employés soient identiques à ceux utilisés au Moyen-Âge ou s en rapproche le plus possible.

En prenant en compte ces considérations, le travail du cuir peut débuter.

 


1- Principes généraux

2- Les bourses

3- Les ceintures

4- Les étuis de couteaux et de dagues

5- Les fourreaux

6- Les gants

 

1- Principes généraux

Pour travailler la matière qu'est le cuir, certains principes doivent être respectés afin d'obtenir de bons résultats et un aspect historique.

Tout d'abord, le choix de la matière est à prendre en compte. La peau peut être de différentes origines à partir du moment où celle-ci provient d'un animal ayant existé au Moyen-Âge occidental comme par exemple la chèvre, le mouton, le porc, le veau, la vachette, etc...

Ensuite la peau doit être tanné végétal (teinte beige clair) ou tanné végétal teinté dans la masse. Bien sur, sont à proscrire toutes les peaux plastifiées, simili-cuir, croûte de cuir et autres peaux teintées seulement en surface.

De plus, l'épaisseur de la matière est importante. A la fin du XIVème siècle bien que l'artisanat du cuir soir répandu, les épaisseurs de cuir travaillées ne dépassaient pas les 3 mm d'épaisseur. Par conséquent, les peaux dépassant cette valeur sont également à proscrire.

Le principal avantage du cuir est sa souplesse. Ainsi, son travail est relativement facile et les outils à employer sont peu volumineux. Les outils indispensables pour travailler cette matière sont :

- Crayon,

- Règle en métal,

- Lame de cutter,

- Aiguilles et Aiguille Alène (aiguille pointue permettant de percer le cuir),

- Fil poissé et Fil à coudre,

- Briquet.

 

Par la suite, lorsqu'on procède au traçage de la peau pour fabriquer un objet, celui-ci doit s'effectuer sur la croûte de la peau (partie rugueuse du cuir) et non pas sur la fleur (coté lisse).

La plupart du temps sur un cuir tanné végétal l'emploi d'un crayon à papier sera préconisé pour éviter de laisser des traces sur l'objet finalisé. Cependant exception sera faite lorsque la peau sera teintée dans la masse et de couleur sombre, dans ce cas la une craie sera utilisée pour marquer le cuir. 

Le découpage du cuir s’effectue sur une surface plane à l'aide d'une règle en métal pour faire des découpes franches et droites.

Il faut bien faire attention à maintenir la lame droite lors de la découpe pour obtenir un angle droit. Cela sera important lorsque l'objet sera cousu bord à bord. 

Puis vient l'utilisation de l'Aiguille Alène pour effectuer des pré-trous dans le cuir. Ici deux techniques peuvent être employées selon le type de couture à effectuer :

- sur une couture à bourrelets les trous faits avec l'Aiguille Alène seront verticaux par rapport à la fleur du cuir en se tenant au minimum à 3mm du bord. Exemple :

- sur une couture bord à bord ou plate, les trous faits avec l'Aiguille Alène seront à la diagonale par rapport à la fleur du cuir en se tenant au minimum à 4 mm du bord. Ces trous ci sont plus difficile à effectuer car le cuir est susceptible non seulement de casser lors du perçage mais aussi lors de la couture car la surface de cuir est plus fine que sur des trous pour une couture à bourrelets. Exemple :

 

 

Enfin la couture. Celle ci est faite à la main. Il existe plusieurs type de couture mais les plus courantes sont celles à bourrelet et bord à bord. Cependant la plus solide est celle montrée dans l'exemple ci-dessous.

Cette technique consiste a passer le fil dans tous les pré-trous faits avec l'alène alternant un coté puis l'autre, puis une fois arrivé au bout des trous sur le morceau de cuir, revenir en arrière en passant dans les trous où le fil n est pas encore passé pour finaliser la couture et l'assemblage.

 

Exemple Couture Aller :

 

Exemple Couture Retour :

  

 

 

2- Les bourses

Les bourses au Moyen-Âge sont des objets de stockage employés par toutes les tranches sociales pour y ranger à la fois des pièces de monnaie, des couverts, des mouchoirs et bien d'autres objets de la vie courante.

 

Ces objets sont très diversifiés de part leur taille et leur forme et l'on peut recenser des centaines de modèles différents. Certaines d'entre elles sont un formidable travail d'assemblage et de repoussage de cuir.

 

Pour la confection des différentes bourses je me suis basé tout d'abord sur le calendrier «Les très riches heures du Duc de Berry» où l'on vois clairement plusieurs personnages de la noblesse (mois de Janvier, de Mai et d'Août)  ainsi que du peuple (mois de Mars et d'Octobre) porter des bourses.

 

Mon travail s'est également appuyé sur un ouvrage de Recherches et Découvertes Archéologiques intitulé « Purses in pieces » réalisé par Olaf Goubitz. Cet ouvrage scientifique détaille, à l'aide de photographies précises, plusieurs exemplaires de bourses retrouvées à Londres lors de campagnes de fouilles menées sur les berges de la Tamise.

 

Ainsi, grâce au le recueil de ces informations il m'a été possible de reconstituer des bourses comme nous les trouvions à la fin du XIVème siècle.

 

Lors de leur réalisation, certaines d'entre elles représentent une difficulté technique supplémentaire avec notamment la gravure sur cuir et la confection de petites pochettes internes.

 

Concernant la gravure du cuir, c'est une tâche complexe qui requiert beaucoup de précision surtout lorsqu'il faut faire de petits motifs. Pour réussir une gravure sur cuir il faut tout d'abord créer un patron pour définir et agencer précisément les motifs à graver sur le cuir.

 

 

Puis, une fois ce patron réalisé, il faut reporter les dessins sur la matière.

Ensuite il faut humidifier le cuir pour pouvoir les graver en suivant les motifs reportés. Enfin, pour que le résultat soit correct, il faut retravailler la gravure pour donner de la profondeur à l'ouvrage.

 

 

 

Une autre difficulté sur ce travail est la découpe et l'assemblage de la pièce de cuir qui va se transformer en pochettes à l'intérieur de la bourse.

La particularité de cette pièce, c'est qu'elle est en forme de demi-cercle sur la partie externe. 

 

Quant à la partie interne, celle-ci doit correspondre au galbe et posséder les même mensurations que la pièce de cuir sur laquelle elle va venir se fixer.

 

 

 

    

 

Une fois les grosses difficultés passées et les finitions accomplies, il suffit d'assembler les dernières pièces et apprécier le travail fini en portant la réalisation à sa ceinture...

 

 

3- Les ceintures

Les ceintures sont des accessoires omniprésents au Moyen-Âge et notamment au XIVème siècle.

Sur cette période les ceintures sont autant portées par les hommes que par les dames. Elles sont de longueur variable mais bien souvent elles sont beaucoup plus longues que le tour de taille et pendent jusqu'aux genoux.

Les ceintures peuvent être de plusieurs matières comme en cuir ou en tissu.

On distingue plusieurs parties sur une ceinture à savoir : la boucle et sa chape, la ceinture en elle même et le mordant.


 

La présence d'une chape, d'un mordant ou d'une décoration sur les ceintures étaient absentes pour notamment les gens du bas peuple. A contrario pour les seigneurs et autres personnages illustres de cette période les ceintures pouvaient faire  l'objet d'un vrai travail d’orfèvrerie avec l'emploi de velours ou de cuir gravé, avec des pièces de laiton ou de bronze ajourées et agrémentées d'émaux, de patte de verre ou encore des pierres précieuses.

Les traces de leur présence est témoignée dans toute l'iconographie médiévale mais aussi dans les musées où l'on retrouve de magnifiques créations.

Pour confectionner les ceintures médiévales je me suis appuyé sur les nombreuses iconographies disponibles et également je me suis inspiré des symboles  et du style pictural du XIVème siècle pour les recréer. 

 

  

 

4- Les étuis de couteaux et de dagues

Les étuis permettent comme son nom l'indique de protéger des intempéries une lame tout en le portant à la ceinture pour un usage régulier.

De nombreuses réminiscences nous sont parvenues jusqu'à aujourd'hui grâce notamment aux archéologues et aux musées exposant ces objets.

Généralement les étuis sont fait sur mesure et arborent pour la plupart des motifs soit géométriques, soit laissant apparaître un bestiaire moyenâgeux ou bien encore pour certains plus rares des blasons, armoiries ou autres signes de noblesse.

Pour la confection des étuis je me suis appuyé sur un livre de recherches scientifiques  intitulé « knifes and scabbards » de J. Cowgill, M. de Neergaard et N. Griffiths. Cet ouvrage offre d'une part une étude complète sur la fabrication des couteaux et dagues sur la période du bas moyen-age et il offre également un panel d'une quarantaines de photographies d'étuis découverts lors de campagnes de fouilles menées sur les berges de la tamise à Londres.

Ainsi en prenant exemple sur cet ouvrage et en m'inspirant de l'esprit pictural du XIVéme siècle, j'ai pu confectionner plusieurs étuis.

 


 

La gravure sur le cuir d'un étui reprends les mêmes principes de gravure que sur les bourses avec la confection d'un patron sur lequel nous allons décider de faire tel ou tel dessin ou forme, puis les reporter sur le cuir une fois le patron finalisé.

La photographie suivante montre la phase de gravure sur cuir d'un futur étui. 


 

C'est une tâche qui requiert beaucoup d'attention car de là découle la finesse et la précision de l'objet. C'est également une partie du travail importante car il faut départager la future face avant (Partie délimitée entre les deux traits horizontaux de la pièce de cuir) de la face arrière (Partie délimitée à l'extérieur des deux traits horizontaux, comportant les arches et les trous de la couture).

Il faut bien faire attention à bien scinder en deux parties égales la face arrière car la couture plate passe en son milieu et ainsi éviter que l'étui ne soit déséquilibré.

Ci-dessous vous verrez une autre sorte d'étui car il s'agit d'un étui de de Dague. Sa conception est identique à ceux des couteaux hormis bien sur la longueur beaucoup plus importante ici. Cet étui est intéressant car l'on peut distinguer en premier lieu des motifs géométriques évoqués précédemment ainsi qu'une découpe particulière sur la partie haute. Il s'agit d'un décroché pour que la poignée de la dague en forme de U puisse venir à zéro du cuir :


 

Cependant pour la fabrication de tels objets une attention toute particulière doit être portée pour la prise de bonnes dimensions sur la lame ainsi que de bien les reporter sur le cuir. Mais aussi il faut prévoir une longueur de cuir suffisante pour éviter malheureusement que la matière trop ajustée ne soit découpée par la lame après quatre heures de gravure et d'assemblage...

 

 

 

5- Les fourreaux

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6- Les gants

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